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Role of organic matter and microbial communities in mercury retention and methylation in sediments near run-of-river hydroelectric dams

L. Millera Ferriz, D. E. Ponton, V. Storck, M. Leclerc, F. Bilodeau, D. A. Walsh, M. Amyot  
Édité le 2 mars 2021 ​par Marie-Christine Lafrenière et Maëva Perez.
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Questions-réponses avec lise millera-ferriz

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Échantillonnage sur la rivière Saint-Maurice, © M. Leclerc
RG

Déjà détentrice d’un Master en Océanographie de l'Université d'Aix-Marseille (France), le grand intérêt de Lise pour la thématique des contaminants dans l'environnement et les approches multidisciplinaires l’a poussé sur un nouveau projet de recherche qui lie à la fois écotoxicologie, biogéochimie et génomique.

​Cette étude conduite sous la supervision de Marc Amyot et la co-supervision de David Walsh (Université Concordia) est le fruit de ce projet et lui a valu l’obtention d’une Maitrise option recherche en Septembre 2020.

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Lien vers l'Article ici !


Q:
 Qu’est ce qui a motivé cette recherche?
R : Des concentrations en méthylmercure (une neurotoxine) supérieures aux normes de consommation ont été mesurées chez deux poissons (le grand Brochet et la perchaude) dans un tronçon de la rivière Saint-Maurice (QC, Canada). Ce tronçon est situé juste en amont de la réserve Atikamekw de Wemotaci et ses habitants s’alimentent en partie de ces poissons. Comme il y avait un risque de contamination, les recommandations de consommation de poissons ont été changées! Mais il fallait maintenant comprendre l’origine de la contamination des poissons. Un premier indice : le tronçon avait été récemment soumis à la construction de deux barrages au fil de l’eau… 

Cette recherche s'inscrit donc dans un projet de grande ampleur qui vise à mieux comprendre le contexte qui aurait pu mener à ces augmentations de concentrations en mercure. Plus spécifiquement, mon étude porte sur le compartiment sédimentaire comme « porte d’entrée » du méthylmercure dans la chaîne alimentaire. Les sédiments sont connus comme un lieu de prédilection pour la formation de méthylmercure car ils abritent une grande diversité de communautés microbienne incluant celles capable de méthyler le mercure, c’est aussi un réservoir pour la matière organique et une matrice complexe ayant des conditions propices à la méthylation. 

Q: Pourquoi cette étude est-elle importante?
R: Cette étude est importante car avec la transition énergétique qui s’amorce planétairement, les énergies renouvelables, dont l’hydroélectricité, ont le vent en poupe. Comme les barrages au fil de l’eau sont perçus comme une bonne alternative aux gros barrages à réservoirs car ils entraînent peu ou pas de retenue d’eau (les retenues d’eau créent par les gros barrages à réservoir sont associées à une forte méthylation du mercure), ils sont attendus de tripler dans la prochaine décennie. Or, il manque encore d’études de terrain pour affirmer que ces ouvrages-là n’ont réellement pas d’impact sur le cycle du mercure (entre autres impacts).

Q: Peux-tu nous résumer les grandes trouvailles de cette étude?
R : C’est la première étude qui s’attache à étudier les causes d’une augmentation de mercure dans la chaîne alimentaire liée à des barrages au fil de l’eau ! On a surtout pu mettre en évidence que dans le cas de la construction de barrage au fil de l’eau, il est important de considérer le paysage dans son ensemble lorsqu’on cherche à déterminer le potentiel de risque pour la contamination au mercure. En effet, on a pu montrer que les barrages en concomitance avec des perturbations du paysage tels que les feux de forêts ou la coupe de bois créent un environnement propice au piégeage des sédiments, de la matière organique additionnelle et ultimement une augmentation du méthylmercure dans la chaîne alimentaire. C’est aussi un indice supplémentaire que le cycle du carbone dans ces rivières de taille moyenne impactées par l’humain joue un rôle clé dans la méthylation du mercure. Je pense que cette étude est une première étape pour informer les décisionnaires de l’industrie hydroélectrique.
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Barrage au fil de l'eau de Chute-Allard, ©, L. Millera Ferriz
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Demi carotte de sédiment, © L. Millera Ferriz

Q: Quels ont été les moments forts de ton projet? As-tu une anecdote cocasse à nous raconter?

R : Définitivement le terrain ! J’ai adoré conduire l’embarcation, être dehors par tous les temps, partager ces moments de travail intense mais en même temps super ressourçant. J’ai aussi beaucoup aimé tous les côtés transverses au projet : présenter mes travaux en conférences, avoir l’occasion d’être démonstratrice pour un cours d'écologie microbienne, être sur le comité organisateur du XXIX ème symposium de sciences biologiques de l’UdeM, etc. Pour l’anecdote, en tant que française au Québec, ça a parfois donné lieu à des petites incompréhensions sur le vocabulaire ... puis sur le terrain c'est toujours de bons moments de rire !
 
Q: Pourquoi es-tu fière de ce papier?
R : Déjà parce que c’est mon premier en tant que première auteure. Et aussi parce qu’il résume ces deux années de maîtrise de recherche pendant lesquelles j’ai beaucoup appris autant personnellement que professionnellement. Ça a été une expérience très enrichissante avec de belles rencontres.
 
Quel est la prochaine étape pour toi?
R : Trouver une job épanouissante dans un environnement de travail stimulant
 
Q: Se retrouver sur le marché du travail en temps de pandémie est un vrai challenge! Quel a été ton expérience jusqu'à présent? As-tu des conseils pour nos finissants?
R : Ma recherche d’emploi se passe plutôt difficilement… Malgré la situation actuelle je vois quand même beaucoup d'offres d'emplois intéressantes auxquelles je postule mais je n'ai pas de retour du tout (pas même de refus). Mais le bon point, c'est qu'au fur et à mesure de mes candidatures, j'apprends de mes erreurs et je pense que je m'améliore pour mieux me présenter et mettre en valeur les bonnes choses. En attendant de trouver un travail plus en accord avec mes valeurs environnementales, je suis actuellement travailleur autonome pour une compagnie qui propose du diagnostic pour le Sars-Cov-2, j'effectue donc des rotations en Arctique ce qui me permet de 1) découvrir le Nord et vivre une expérience incroyable, 2) pratiquer des technique de biologie moléculaire sur une base routinière (extraction d’ARN, RT-qPCR), travailler en équipe et apprendre les particularités liées à un labo de confinement, et 3) ça a éveillé chez moi le désir de faire de la recherche collaborative dans le Nord.
Pour mes collègues finissants, je conseille de persévérer dans les candidatures, de ratisser plus large, et s'ouvrir à de nouvelles expériences ou à des jobs "moins" qualifiés qui peuvent ouvrir sur d'autres opportunités. D’un point de vue pratique, je conseille de s'inscrire sur le groupe facebook "regroupement des techniciens et technicien.ne.s et biologistes gradués du Québec", d'être membre de l'ABQ (Association des Biologistes du Québec) et de regarder à la ville, gouvernement etc. 

Bonne chance pour la suite Lise !
 
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